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Ce que je ne regrette pas de la grossesse

Publié le par Ed crise de trentenaire

Fin avril j'ai donc accouché de baby boy 2. La maternité est un challenge, qui commence dès la grossesse.

Certaines femmes estiment qu'elles n'ont jamais été aussi bien dans leur peau au moment de la grossesse, elles se sentaient épanouies et "femmes".

Au cours de mes deux grossesses, qui ont été plus que sympa outre la fatigue des premiers temps, puisque je n'ai ni connu de nausées, ni autres gros désagréments, je n'ai jamais ressenti cet état de plénitude. Evidemment la grossesse a un caractère "magique", on crée la vie, etc... néanmoins, cette création passe malgré tout par la déformation du corps.

Au cours de mes grossesses, j'avais l'impression d'avoir avalé des ballons, je me suis surprise à plusieurs reprises de rentrer le ventre lorsque l'on me prenait en photo (ahah, à 7 mois de grossesse, je vous assure que c'est inutile !). Bref, il a fallu accepter ce nouveau corps, je m'étais dit que pour la seconde grossesse j'essaierai de prendre moins de poids (15 kg la première fois)... LOUPE ! J'ai arrêté de me peser une dizaine de jours avant d'accoucher, lorsque j'étais déjà à + 18 kg... OMG ! Cela me rendait triste, mais mon poids de départ par rapport à la première "pare" (terme médical, tellement glamour !) était bien plus bas (j'ai mis un an pour perdre le poids de ma première grossesse, mais j'ai fondu quand même et j'ai retrouvé ma ligne du collège !)... J'ai donc tenté de ne pas me mettre trop la pression, d'autant que ma gyneco puis ma sage femme ont été sympas et ne m'ont jamais rien reproché !

Il faut accepter ce corps qui se transforme et les remarques des personnes qui nous entourent et qui ont la gentillesse, jalousie?, de vous nommer "la grosse", "la baleine"... Le pire a été lors de ma première grossesse, quand mon mec n'a rien trouvé de mieux que de me surnommer, affectueusement selon lui, "ma vache" ! Pour l'estime de soi, rien de tel...

 

Outre ces "petits" quolibets, le truc que j'ai haï par dessus tout est la ... perte d'identité !

La grossesse rend certaines personnes (femmes comme hommes) totalement hystérique. Vous n'êtes plus qu'un ventre arrondi et j'ai été appelé par des collègues, tout au long de ma grossesse, alternativement "maman" ou "future maman"...

Ça me rendait totalement dingue et j'avais envie de gueuler "Excusez moi, j'ai un prénom !" Je l'avais vécu aussi la première fois, donc j'ai mis les réactions épidermiques (les hormones ont du bon parfois !) de côté et essayais de réagir avec diplomatie, mais un matin, j'ai failli craqué à un "bonjour future maman !" et répondre "bonjour ménopausée, ça va?" Avec le recul je regrette amèrement de ne pas avoir prononcé cette phrase... Next time, maybe !

Le fait de n'être plus qu'un ventre entraîne aussi le fait de ne pas être considéré comme un individu à part entière, ainsi, n'importe quel individu se permet de te toucher le ventre, sans rien demander évidemment, comme si c'était un droit. Là encore je suis restée hyper sereine, mais je déteste ça et si j'étais championne d'arts martiaux (et moins grosse) je me délecterai d'infliger aux auteurs de ces gestes intrusifs, un coup de pied retourné dans des parties aussi intimes que MON VENTRE !

 

Je vous passe le manque des apéros (non je ne tape pas dans la gourde, mais c'est quand même bien agréable un petit verre de bon vin avec un bon fromage qui pue... ah oui, ça vous n'y  avez pas droit non plus !), L'alcool comme le tabac (dès que je suis enceinte, j'arrête du fumer, c'est psychologique, sans manque et ça c'est chouette) ne m'ont pas vraiment manqué, maintenant que j'allaite je carbure à la bière sans alcool, en fait 1% d'alcool (une légende urbaine voudrait que cela favorise la montée de lait). Au cours de la grossesse, on m'a fait découvrir le sirop saveur Mojito, les jus de fruits pina colada... Bref, maintenant il existe tout un panel de boissons qui permettent de compenser !

J'ai aussi la chance énorme d'avoir une gyneco qui ne me dit pas de me priver de certains (tous) les aliments pendant la grossesse, alors que j'ai des copines qui reviennent de leurs RDV avec un pavé de 150 pages leur interdisant les produits. Ainsi, j'ai écouté les conseils de ma gyneco qui m'a très justement dit un jour " vous avez passé 30 ans en évitant d'attraper la toxoplasmose ou la listeria, ce qui signifie que vous consommez de manière intelligente et qu'il n'y a pas de raison pour que cela soit différent !"

Il est vrai que l'on ne rencontre pas tous les jours de la viande souillée par du pipi de chat !

Alors sans vous priver, je vous conseille de manger intelligemment (aliments sous vide, congelés - la congélation tue le virus de la toxo.) Parce que manger raisonnablement (dit-elle alors qu'elle pesait un quintal en fin de grossesse, sans faire d'abus alimentaires, je le précise) vous apportera des vitamines et du plaisir !

 

Je ne regrette pas non plus le temps où j'avais le sentiment d'être un cobaye pour la médecine :

- Examen tous les mois, et à partir du moment où on est suivi à l'hôpital (universitaire sinon c'est pas marrant), "doigtage" mensuel par la sage femme puis par une ribambelle d'élèves sage femme ou internes. Question : "Cela ne vous dérange pas si X vous examine?", Réponse : "

Évidemment non, je suis pour l'apprentissage des étudiants, alors si je peux rendre service, ma chatte est open bar !". Cela a donné lieu, parfois, à des situations où l'étudiant interrogé sur la dilatation de mon col, à 7 mois de grossesse, balançait une abération du style... "Il est à 3 doigts !" gloups ! J'ai eu un peu peur d'accoucher dans la minute, lorsque ma sage femme m'a rassurée.

- prise de sang mensuelle (qui a la bonne idée de ne pas être immunisée contre la toxoplasmose?), pipi dans le pot, etc, etc !

Le fait d'être un cobaye est compensé à chaque dopler et à chaque échographie (bon ok, sauf l'écho vaginale :-) au cours desquels j'entendais son petit coeur ou mieux encore je le voyais (c'est moi qui créé une crevette difforme qui gigote dans tous les sens ?). Quelle émotion de découvrir à chaque fois le sexe (oui avec papa taupe - mes deux ptits mecs, je les surnomme mes taupes, alors leur père c'est "papa taupe" ou "taupe d'amour" - nous voulions connaître le sexe des babies !).

 

Voici quelques petits moments qui ne me font pas regretter la grossesse et qui m'ont préparé à l'accouchement, où la femme devient un mmamifère à part entière pour, au final, tout oublier (le manque de glamour, les kilos en trop, les désagréments, la douleur...) et avoir le bonheur immense découvrir son enfant et de ressentir une vague d'amour instantanée.

 

 

Ce que je ne regrette pas de la grossesseCe que je ne regrette pas de la grossesse

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Les Petits Bavardages de Magalie 29/12/2014 14:28

Très bel article ;)

crise de trentenaire 30/12/2014 16:06

Merci pour tes adorables commentaires. Ça me fait plaisir de partager cela et de t'avoir touchée